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Zéro artificialisation nette : Comment atteindre l’objectif d’ici 2050 ?

17/02/22

Alors que les décrets d’application de la loi Climat et Résilience vont bientôt paraître, Abdelkrim Bouchelagem nous donne son point de vue sur l’objectif ZAN (Zéro Artificialisation Nette) et les moyens de l’atteindre. Qui mieux que le Directeur Général de Brownfields pour en parler, puisque c’est la vocation de la société depuis sa création ? 


La loi Climat et Résilience va-t-elle empêcher la consommation d’espaces naturels en France ?

A.B : Je ne crois pas, il y aura toujours un besoin de consommer des espaces naturels agricoles et forestiers (ENAF). D’après les statistiques de l’État, nous avons consommé sur la dernière décennie plus de 20 000 ha/an d’ENAF. Sachant que 68% de ces surfaces sont imperméabilisées pour faire du logement, ce dont nous manquons cruellement, nous sommes face à un dilemme. Un dilemme, je pense, pris en compte par loi Climat et Résilience, qui parle bien d’un objectif de zéro artificialisation nette, c’est-à-dire pouvant prendre en compte des mesures de compensation (ex : renaturation d’espaces artificialisés) en contrepartie d’une certaine consommation d’ENAF. De plus les choses se feront de manière progressive, avec pratiquement un délai de 30 ans pour parvenir à l’objectif de zéro artificialisation nette.


Justement, que pensez-vous du calendrier, de la méthode ?

A.B : La loi donne déjà deux échéances. 2030 pour diviser l’artificialisation par deux. 2050 pour arriver à zéro artificialisation nette. Ce qui me semble réaliste sachant que nous partons de loin. En effet, nous avons tous grandi avec l’image que la France était un grand pays avec beaucoup d’espaces disponibles pour notre développement, ce qui n’est pas faux comparé à d’autres pays d’Europe, beaucoup bien moins lotis que nous. Il faut que nous apprenions maintenant à consommer raisonnablement les ENAF avec sobriété, comme une ressource rare qu’il s’agit de préserver durablement.

Aujourd’hui, maintenant que la loi Climat et Résilience est passée, j’entends beaucoup de gens dire « on arrête tout ». Non, on commence tout ! Il faut d’abord se poser les bonnes questions. Comment bien mesurer l’artificialisation, à quelles échelles, quelles priorités, quels quotas … Ces derniers doivent être ambitieux sans obérer la construction (de logements, de zones d’activités, d’infrastructures …) qui est nécessaire pour répondre aux besoins du pays.

Trois échelles sont prévues pour décliner à partir de la loi Climat et Résilience la diminution de la consommation d’ENAF. Les régions vont définir leur trajectoire via le SRADDET, puis les territoires via les SCOT et les communes via les PLU. Ça va être un peu compliqué à se mettre en place, et donner certainement lieu à des arbitrages difficiles entre ces différentes échelles. Mais tout va se jouer dans la planification.


La densification est la solution ?

A.B : Oui. Il faut limiter l’étalement urbain et densifier l’existant. Mais là encore, il ne s’agit pas d’avoir une approche manichéenne, de construire des tours en centre-ville et d’interdire les pavillons en péri-urbain. Ce n’est pas ce que veulent les Français, ni les élus. On est davantage dans une approche de densité raisonnée, que certains appellent « acceptable » ou « heureuse ». Cette densification doit d’ailleurs s’accompagner d’un volet renaturation, qui est également imposé par la loi Climat et Résilience. Ce sont des sujets qui ne sont pas du tout antinomiques. On peut densifier et déimperméabiliser. La renaturation et la revégétalisation sont d’ailleurs des sujets qui sont étroitement liés à notre activité de reconversion de friches urbaines.


On parle beaucoup du rôle des friches industrielles pour parvenir au ZAN…

A.B : Oui, c’est l’un des meilleurs atouts des villes pour parvenir au zéro artificialisation nette. Du moins pour les villes qui disposent de nombreux terrains en friches. C’est d’ailleurs un juste retour des choses pour des villes qui ont subi la désindustrialisation et qui devraient ainsi trouver une nouvelle attractivité.

Brownfields en est la preuve avec 136 sites reconvertis principalement en zones urbaines, depuis sa création en 2006. Patrick Viterbo le dit dans son dernier entretien, nous sommes une société à artificialisation nette négative. A ce jour, Brownfields a ainsi permis la préservation de 665 hectares d’espaces naturels. Donc oui, la friche est un des moyens d’avancer. Le gouvernement l’a bien compris puisqu’il a prolongé par deux fois le « fonds friche », qui était destiné à relancer la construction. Mais ce n’est pas le seul. D’autres axes de travail contribuent aussi à l’atteinte de l’objectif : transformation de bureaux en logements, réversibilité des bâtiments, restriction des grandes surfaces commerciales, densification des zones urbaines ...


Les promoteurs ont justement du mal à trouver du foncier. La Loi Climat et Résilience ne va-t-elle pas aggraver cet état ?

A.B : Oui, mécaniquement, le foncier sera de fait de plus en plus difficile à trouver. Il y a les friches, les dents creuses. Et après ? Il faut sortir de la problématique de trouver du foncier et passer à celle de fabriquer du foncier. C’est ce que nous faisons chez Brownfields en construisant sur tout type de friches urbaines (industrielles, hospitalières, commerciales …). Mais nous développons aussi d’autres projets plus innovants comme la construction sur dalle au-dessus d’un dépôt de bus en plein Paris, ou en transformant un hypermarché sans étages en projet de 400 logements en R+6 et rez-de-chaussée commercial. Pour trouver du foncier en zone urbaine, on est condamné à la complexité. Il n’y a plus de terrains simples.


Avons-nous les ressources et les savoir-faire pour cela ?

A.B : Oui très clairement. Nous disposons chez Brownfields de nombreuses expertises techniques en interne pour assurer la maîtrise d’ouvrage de nos opérations tant sur la reconversion (désamiantage, démolition, dépollution), qu’en aménagement et construction. L’ingénierie financière est aussi une clef indispensable pour fabriquer du foncier. Sans nos fonds propres et le soutien de nos partenaires investisseurs, nous ne pourrions pas porter les opérations comme nous le faisons. Nous n’aurions pas pu développer les projets que je viens de citer.


Que peut-on faire de plus pour parvenir à ce ZAN ? 

A.B : J’entends certains acteurs s’engager pour une neutralité dès 2030. C’est bien. Il faut que tout le monde s’implique dans cette lutte contre l’artificialisation des sols. Pour Brownfields, c’est une vocation depuis 2006. Si nous sommes déjà dans l’artificialisation nette négative, cela ne nous empêche pas de vouloir faire plus. Nous progressons dans notre démarche d’entreprise à impact. Nous avons pris un certain nombre d’engagements ESG (Environnement, Social et Gouvernance, ndrl) en termes de bas carbone, de désimperméabilisation, de recyclage… Pour les tenir, nous nous appuyons sur notre modèle intégré, sur notre capacité à être agiles, à innover, à trouver les bonnes solutions et les bons partenaires…

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